Ex-Absentia

Miroirs d'émoi

27 décembre 2012

Veille

Les ailes-du-desir

 

L'aube se lève
L’aube se lève et comme des chiens
Cherchons de l’air dans ses entrailles
L’aube se lève, on sent qu’il faut écrire
Ecrire à contrer le gris des funérailles

Je ne veux rien dire de définitif. Rien d’enlisé.
Je veux ouvrir des portes, des cœurs, des chimères
Sculpter la preuve des mots sur le cuir des jours
Porter aux nues l’intimité précaire
 
Qu’aurais-je à dire demain ?
Qu’aurais-je à dire d’un cortège d’ombres en larmes ?
Qui dépliera le chagrin ?
Où le monde trouvera-t-il encore un verbe qui tienne ?

Qu’aurais-je à dire quand le sort sera rompu ?
Qu’écris-t-on sur une poignée de terre ?
Quelle langue parlent les gouffres ?
Comment aboie-t-on dans les cimetières ?

Je veux des mots en marche, des mots en vie
Rassembler mon corps d’écriture
Et qu’il lutte, saigne, s’essouffle
Qu’on sente le combat dans mes ratures

Qu’aurais-je à vivre si tout cela est sans le sens ?
Comment aimer après la dernière buée de lèvres ?
Lever les yeux, prier sans dieu, Voir !
La couleur du ciel est notre dernière issue

Je veux des livres, des opéras, des lettres d’amour
Ecrites à fleur de tripes, à sueur d’étreintes
Je veux des hommes, des sœurs, bâtir dans leurs mains
Ma ligne de vie, ma dernière écorce, mon cri

Nous n’avons plus le choix face au trou noir
De garder nos écrous pour plus tard
Il faut l’immense et la folie du jour, il faut la mer
La liberté était donc partout où nous ne cherchions pas…
Il faut apprendre à nous tenir debout sur la poussière

Pourtant je m’agenouille un instant dans ce silence
Sur la plage écris Je t’aime...
De toi à moi,  secrète messe
Les mots s’écrivent dans le sable pour qu’un jour le vent les fasse poème

L’aube se lève
La rose blanche du jour
Il reste encore un peu de vivant
Pour qui sait ? L’amour s’il est encore temps

Posté par prunelledesmots à 14:34 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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